UN MERCREDI 24 MARS à BUENOS AIRES,UN MERCREDI 24 MARS à BUENOS AIRES,
Ce mercredi matin là, c’est au son des roulements de tambour, mégaphones et pétards que l’on s’est réveillés, à l’occasion de manifestations pacifiques en mémoire du coup d’état de mars 1976 en Argentine. Le temps de déterrer les vérités d’une histoire sombre, de réclamer justice pour ses oubliés mais aussi de promouvoir le respect des droits de l’homme.
A Buenos Aires, on crèche dans le quartier “politique” de la ville : congrès, parlement et place de mai. Ainsi, ce mercredi, dès nos premiers pas matinaux on s’est retrouvé embarqués dans un étourdissant tourbillon de manifestants. Des foules d’argentins affluant de toutes parts, arborant des drapeaux aux couleurs de leurs organisations politiques respectives, des banderoles revendiquant les droits des mapuches ou ceux des palestiniens, d’autres le rejet de l’impérialisme ou encore le refus de payer la dette… Et au milieu de tous ces slogans contre l’oppression, flottaient, émouvants, les silhouettes et portraits de victimes de la dictature argentine, imprimés en noirs et blanc.
En effet, en ce jour rebaptisé “jour de la mémoire, de la vérité et de la justice” tous défilent d’abord pour rendre hommage aux “desaparecidos” (disparus) de la dictature, pour se souvenir et proclamer “nunca mas” (plus jamais). Le 24 mars 1976, un coup d’état militaire renversait la présidente Isabelle Perron. S’en suivirent des milliers de séquestrations, actes de torture, assassinats et disparitions. Une répression sanglante ayant pour cible les personnes considérées comme “subversives” par le nouveau régime. On évalue à 30 000 le nombre de disparus, ainsi qu’a 500 le nombre de bébés enlevés à leurs parents séquestrés puis adoptés par des familles proches du pouvoir.
Aujourd’hui, si les principaux tortionnaires ont été jugés, nombreux responsables de graves violations des droits de l’homme sont passés au travers des condamnations ou ont été graciés. C’est pour que justice soit faite que le peuple argentin sort dans les rues ce mercredi là. Pour que justice soit faite aussi que, depuis 33 ans, chaque jeudi apres midi, les mères de la place de mai (mères d’enfants disparus) viennent manifester sur cette fameuse place, marchant dans le sens inverse des aiguilles comme pour remonter symboliquement le temps. Etre plongé au coeur de ces effusions populaires est à la fois impressionnant, entrainant, enrageant et émouvant.
Et puis, puisqu’on suit sans relâche les traces des graffitis, nos regards se sont plusieurs fois arrêtés sur certaines expressions urbaines qui font écho à cette sombre période de l’histoire et que l’on apprend petit à petit à déchiffrer. En voici pour vous quelques exemples. Le 24 mars déjà, nombreux manifestent un spray à la main, pour inscrire sur le bitume le nombre affligeant de victimes de la dictature, ou imprimer à l’aide d’un pochoir, les mots “nunca mas”. Ensuite, des silhouettes représentant les desaparecidos habitent bon nombre de murs argentins. Puis l’on retrouve aussi fréquemment des représentations des panuelos (foulards) des mères de la place de mai, symboles de leur mouvement. Et enfin, des tags au nom d’HIJOS (fils et filles pour l’identité et la justice contre le silence et l’oubli), un collectif formés d’enfants des victimes du régime militaire. Ils s’attèlent notamment à un travail d’enquête pour retrouver le domicile de responsables militaires non jugés, puis, à la manière d’un tribunal populaire, ils bombardent leur habitation de peinture rouge (pratique de “l’escrache”), afin que tous sachent la vérité et que ces derniers, sous pression, soient contraints de déménager.
La photo ci contre où est inscrit “los hijos de clarin son HIJOS”, littéralement “les fils de clarins sont des HIJOS” fait allusion à une polémique, sous tendant que les enfants de la principale actionnaire du quotidien de droite Clarin seraient des enfants de disparus adoptés.
Lucie




Par père grand
Le 22/04/2010
merci pour ces nouvelles attendues avec impatience.On voie la férocité de l'homme pour l'homme surtout lorsqu'il ya la recherche du pouvoir et de l'argent et aussi la manipulation facile des gens, d'où la necessité des actions préventives et des jours du souvenir, sans haine, pour nunca mas