CONFéRENCE SUR LE GRAFFITI à MONTREALCONFéRENCE SUR LE GRAFFITI à MONTREAL

Voici une rapide synthèse d’une conférence sur le phénomène du graffiti tenue le 13 janvier à Montréal, en présence de Monk-e, artiste rappeur et graffeur, puis de Sino, également graffeur et propriétaire d’une boutique d’aérosol .
La démarche artistique du graffeur Monk-e
Dans la vidéo ci joint, Monk-e présente son parcours, son évolution en tant qu’artiste (la vidéo est un peu longue parce qu’on est pas encore experts du montage et que les moyens du bord compliquent la tache).
En quelques mots, il raconte sa découverte des milieux hip hop et du graffiti, puis le sens de cette pratique comme manière d’exister, manière de s’approprier des lieux, leur “redonner vie”. Une idée qu’il a conceptualisé sous le terme “d’alchimiographie“. Aujourd’hui il en vit grâce à différents contrats qui lui permettent de réinvestir l’argent gagné dans des production plus spontanées en continuant à peindre ” illégalement”, à même les murs. Pour lui il s’agit d’une “démarche artistique, politique et même spirituelle”.
Le regard de Sino sur le phénomène du tag
Le discours de Sino contraste quelque peu avec celui de Monk-e. En effet, Sino insiste dès le départ sur la distinction qui s’opère entre graffiti et tag, une différence qu’il nous semblait également important de souligner ici. Si le graff comprend une certaine démarche artistique, comme en témoigne l’approche de Monk-e, le tag consiste avant tout en une signature, une écriture rapide sur un mur, destinée à être vu du plus grand nombre. Sino parlera surtout du tag, et -bien que le projet faisons le mur s’intéresse principalement au graff- il est toujours intéressant de se pencher sur les pratiques qui gravitent autour.
D’après lui, donc, le tag est avant tout une activité réalisée par des jeunes, dans la tranche d’age des 15-20 ans. L’objectif est d’abord de faire connaitre son nom dans la nébuleuse des taggueurs, en recherchant les endroits les plus visibles (et donc aussi souvent les plus risqués) à la manière presque d’un publiciste. Selon ses thermes, “le tag est une des seules choses données aux jeunes aujourd’hui pour s’exprimer de manière picturale et en dehors des cadres conventionnels. Les ateliers de peinture ont beau exister à la bibliothèque du coin ou à l’école, il n’en restent pas moins encadrés par des adultes. L’idée est de se faire valoir, d’obtenir la reconnaissance de ses pairs, de ses potes, quand on est ni sportif ni musicien“. C’est plus une manière d’exister qu’une volonté de passer un message politique ou esthétique qui anime les jeunes taggueurs.
Sino tient également à démentir le lien hâtif souvent établi entre gangs et tag. S’il était d’actualité dans la Californie des années 50 ou il s’agissait de marquer son territoire, ce n’est plus du tout le cas.
Idée de laisser une empreinte donc, mais aussi idée d’un jeu, puisque comme le dit Sino, c’est un peu le chat et la souris entre la police et les jeunes. Si personne n’effaçait les tags, d’abord la ville en serait littéralement couverte, et ensuite, ce serait moins “drôle”.
Des approches relativement différentes donc, entre Monk-e et Sino, ou plutôt, des approches qui évoquent deux phénomènes différents.
A propos des protagonistes :
Quelques travaux de Monk-e :
Et quelques liens :
Lucie.




Par Jo
Le 05/02/2010
Hey!
on vient d'mater l'interview plus les liens en fin d'page,sa bote grave!
Plein de bonne choze a vous deux
biz de djo